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17/6/2011Jack London, Michaël chien de cirque
 Trouvaille d'un de mes derniers vide-greniers, je me suis plongée ces jours-ci dans Michaël, chien de cirque de Jack London. J'étais un peu sceptique car pour moi cet auteur évoquait surtout la littérature de jeunesse (quand "littérature" avait il me semble davantage de sens dans cette expression), d'ailleurs c'est une vieille édition de la bibliothèque verte que j'ai trouvé.

Moi qui aime les animaux je dois dire  que j'ai souffert à la lecture de ce roman qui pourtant commence assez bien: Michaël est recueilli, enfin volé serait plus juste, par un marin finalement sympathique, qui l'emmène voguer sur toutes les mers et les océans du monde, et qui surtout profite des aptitudes du chien pour lui enseigner quelques tours. Hélas c'est à cause de ces dons que le pauvre cabot sera volé de nouveau mais cette fois pour entrer dans une école de cirque où on forme les animaux à coups de matraque, de fouet, où on leur enseigne la crainte, la terreur et la souffrance perpétuelle pour aller régaler un public naïf qui s'extasie bêtement.

Tout le roman se déroule à travers les yeux du chien, si bien que le lecteur ne peut que s'identifier à lui et non aux hommes qui sont tous plus monstrueux et inhumains les uns que les autres. Les dresseurs bien sûr sont particulièrement ignobles, réduisant les animaux à l'état d'objets interchangeables, mais le public également, car ce n'est pas la beauté du numéro qui motive le dresseur mais simplement le gain qu'il pourra retirer de ses tournées, et le public se presse pour aller voir les animaux les plus divers accomplir des tours parfaitement contre nature. Et c'est avec la plus grande naïveté que ces braves gens croient que c'est par amour pour leurs maîtres que les animaux accomplissent toutes ces prouesses alors que tout  n'est que supercherie, crainte, douleur et souffrance.

Je n'ai jamais beaucoup aimé le cirque, et particulièrement les numéros d'animaux dressés, ça m'a toujours mise mal à l'aise sans que je sache pourquoi, car je ne m'étais jamais penchée sur la question. Grâce à la lecture de ce petit roman je sais à présent que ce que je n'aime pas c'est le fait de forcer des animaux, même sans méthodes cruelles (car j'ai moi aussi la naïveté de croire que les pratiques ont changé), à faire des choses dont ils n'ont pas la moindre envie et qui sont surtout contre nature: obliger un quadrupède à marcher sur deux pattes, faire chanter un chien, bref essayer de les faire ressembler à des humains, voilà ce qui me chiffonne. C'est sûrement pour  la même raison que je trouve parfaitement immonde d'affubler des chiens de manteaux et de coiffures aussi ridicules que ceux de leurs maîtresses ou de leur vernir les griffes.

Il paraît qu'après le succès du roman aux États-Unis dans les années 20 les pratiques ont beaucoup changé dans les cirques et que leur fréquentation a même baissé. La littérature aurait-elle donc un pouvoir?...


 

 
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