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Hier mardi j'ai été invitée à venir participer au 3e Forum des entrepreneurs qui se déroulait à Figeac. C'est le cabinet de conseil en gestion auprès duquel j'avais suivi une formation éclair, payée par le Pôle-Emploi, qui m'avait demandé de venir témoigner lors d'une conférence sur les services à la personne et de faire part de mon expérience de créatrice d'entreprise. Bon j'en vois qui rigolent mais n'empêche que je suis bel et bien chef d'entreprise, si si. Et qui plus est je suis extrêmement polyvalente puisque j'ai la multiple casquette de PDG, secrétaire, employée, comptable, et je crois même que j'ai des actions dans la boîte: si c'est pas être patron ça. Certes mon entreprise est bien trop minuscule pour pouvoir relancer la consommation ou créer des emplois et je ne serai par conséquent jamais dans les bonnes grâce de Sarkozy: ça c'est quand même le bon côté des choses. Bref pour en revenir à cette manifestation à laquelle je suis allée un peu à reculons non par crainte de n'avoir rien à dire mais à cause des conditions météo déplorables (je suis partie sous des brouillards givrants, j'ai trouvé la neige et suis arrivée sous la pluie) je me suis retrouvée une fois passées les portes plongée en apnée dans le monde de l'entreprise, un monde auquel je suis toujours étrangère même si j'en dirige une : ballets de costumes-cravates et tenues chics dans les allées, poignées de mains très professionnelles à tous les coins de stands, j'ai été présentée à des tas de gens qui me semblaient correspondre parfaitement aux clichés que je me faisais des décideurs de tous poils. J'ai dû parler au micro devant une salle comble...20 personnes au plus, toutes en train de nourrir le projet alléchant de créer leur propre entreprise et de devenir leur propre patron. Je les ai fait sourire un peu en déplorant, pour la présentation de mon activité d'écrivain public, de n'avoir encore jamais eu de lettre d'amour à écrire. Par contre quand je leur ai annoncé que j'avais fait un bénéfice record de 680€ cette année il m'a semblé voir quelques mines déconfites dans l'assistance. Curieux, non? Enfin en tous cas c'était une expérience toujours bonne à prendre, même si je ne crois pas que cela ait été un tremplin pour moi comme me l'avait annoncé mon conseiller en gestion. Je n'attends pas de retombées fracassantes, mais ça m'a permis de faire un petit détour « ailleurs » que dans mon petit monde, ça n'est pas déplaisant.
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Lors d'un précédent article je me posais la question de savoir si on devait lire Houellebecq ou non. Personnellement je n'en avais pas envie et ça ne risque pas de s'arranger après ce que j'ai lu. L'autre jour chez la coiffeuse je suis tombée sur une interview de lui dans Paris-Match (oui j'aurais préféré Gala c'était moins risqué mais je me le suis fait piquer par une mamie aux cheveux bleus, pas de bol). Trouvant l'article assez long et ennuyeux je me suis contentée de lire en diagonale et voilà que je tombe sur une citation en exergue : « Les gens à la campagne sont inhospitaliers, agressifs et stupides. » Mon sang n'a fait qu'un tour mais mon honnêteté intellectuelle (et son absence dans ce type de magazine) m'a poussée à replacer la citation dans son contexte, car je me suis dit que c'était tellement gros que ça ne pouvait pas refléter la pensée de l'auteur. Hé ben si, d'ailleurs voici la citation élargie, qui est à l'avenant: «Et je ne me fais pas d’illusions sur le monde rural. Les gens à la campagne sont inhospitaliers, agressifs et stupides. Il faut d’ailleurs reconnaître qu’ils sont malheureux. Ils vivent dans l’angoisse économique, et c’est une excuse véritable. De plus, ils ont du mal à trouver une femme. » Apparemment ces propos reflètent parfaitement l'idée que Houellebecq se fait de la campagne et de ceux qui y vivent. C'est assez pathétique il faut bien l'avouer, d'autant plus que dans ce même article l'écrivain se justifie en disant qu'il connaît bien ce millieu car il a fait des études d'agronomie. Là j'ai pensé que c'était une bonne blague et que tout était à prendre au second voire troisième degré. Hélas je crois bien que non. Je laisse donc à votre entière appréciation les propos de celui qui vient de recevoir le Goncourt. Personnellement je lui décerne un nouveau prix, celui de la bêtise. Vainqueur haut la main.
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En début de semaine j'ai accompagné les élèves d'une des écoles où je travaille à une séance de cinéma: «Jour de fête» de Jacques Tati. Cela fait bien longtemps que je n'avais pas vu ce film, et je dois dire que je l'ai revu avec plaisir. Mais en fin de compte je crois que ce qui m'a fait le plus plaisir c'est de voir l'enthousiasme des enfants : les vieux films ce n'est vraiment pas leur tasse de thé, surtout qu'en ce moment ils n'ont que Harry Potter à la bouche! Et pourtant la magie opère toujours: après un début un peu longuet c'est vrai, ils ont tout de suite accroché aux gags, et même si je les voyais arriver je me suis laissée prendre au jeu moi aussi. Qu'est-ce que ça fait du bien de rire, sans prise de tête, avec de bons gros gags qui font mouche. Les enfants étaient tellement emballés qu'ils ont même applaudi à la fin, c'est dire. Malheureusement le réalisateur n'est pas monté sur scène comme à Cannes.
Pour clore cette sympathique journée le soir nous avons regardé en famille «Le Triporteur», avec Darry Cowl. Ce n'est certes qu'une pâle copie du précédent mais ça a fait rire les enfants, c'est le principal. Même si j'ai trouvé cette séance de cinéma fort agréable je me dis tout de même qu'aux gags, si subtils soient-ils (et là on ne parle pas de Darry Cowl, on est bien d'accord) je préfère quand même le comique des mots et de bons dialogues savoureux et ciselés comme ceux d'Audiard me raviront toujours plus que les clowns.
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On dit à peu près tout et son contraire sur cet auteur, et je trouve qu'on parle d'ailleurs beaucoup trop de lui et pas vraiment de son livre. Génie pour les uns, scandaleux et sulfureux pour les autres, il alimente les polémiques et si ça se trouve dans quelques décennies il ne sera plus qu'un classique, suivant ainsi le genre de parcours que Zola a pu connaître avant lui. Sauf que dans le cas de Zola on avait un auteur engagé et pas un people mais c'est une autre histoire. Bref on parle de lui partout mais que vaut sa prose ? Je serais bien tentée de le lire pour me rendre compte par moi-même mais j'y verrais comme une obligation et c'est complètement contraire à ma déontologie de lectrice qui, depuis que j'ai quitté l'enseignement, me pousse à ne lire que par pur plaisir. De toute façon j'ai toujours éprouvé une assez grande méfiance face à tous ceux, auteurs, films ou artistes dont on parle comme le truc qu'il FAUT absolument avoir lu, vu ou écouté: rien que ça, ça me fait reculer. D'ailleurs la dernière de mes expériences en la matière ne fait que confirmer ma méfiance : on m'a fourré dans les mains il y a quelques mois le dernier Musso, dont on nous rebattait les oreilles à l'époque, en me disant qu'il « fallait ab-so-lu-ment » que je le lise (sinon quoi, j'allais mourrir idiote?), que c'était gé-nial, etc. Je n'ai pas dépassé les cinq premières pages et j'ai bien cru que j'allais périr d'ennui tant c'était tout ce qu'il y a de plus banal en terme de style et plein de clichés. Vu le nombre de pages que comportait le pavé ( j'ai des dicos moins épais) je suppose qu'il fallait arriver au moins à la sixième page pour rencontrer le génie. Dommage, j'ai du passer à côté, c'est ballot... De toutes façons moi si je n'accroche pas dès les premières pages c'est fouttu et si lire doit devenir une corvée alors là j'abandonne. Pour en revenir à Houellebecq, le nombre de pages ajouté au tapage médiatique, voilà déjà pour moi deux arguments qui ne me feront pas acheter ce livre. J'aimerais bien en lire tout de même les bonnes feuilles histoire de me faire ma propre idée. Mais après je devrais vivre avec l'idée que j'ai lu, moi aussi, comme tout le monde, du Houellebecq...pffff...
D'ailleurs toutes ces ventes... Est-ce que tout le monde a réellement lu Houellelbecq? Ça me rappelle une anecdote savoureuse à propos de livre L'Être et le néant de Sartre, oeuvre des plus hermétiques et qui pourtant a vu ses ventes exploser notamment auprès des ménagères. Non pas qu'elles se soient piquées subitement de philosophie...mais parce que l'ouvrage pesait pile 1 kilo et qu'il remplaçait ainsi avantageusement les poids des balances. Ça calme hein...
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La polémique enfle à propos de l'exposition de photos de Larry Clark présentée ce week-end à la mairie de Paris: Bertrand Delanoë l'a fait interdire aux moins de 18 ans, avant même l'ouverture au public, à cause de certains clichés à caractère pornographique, et du coup les tenants de la liberté d'expression s'insurgent contre le retour de la censure. Dans un article de Rue 89 dont voici le lien ICI on peut voir quelques clichés d'une exposition précédente et qui sont de la même veine que ceux présentés à Paris. Corps dénudés et postures déglinguées, ados se piquant ou tenant un revolver, voilà des images apparemment crues d'une jeunesse à la dérive, la grande spécialité de Larry Clark d'après ce que j'ai pu lire sur lui. On peut déblatérer des lustres sur l'interdiction aux moins de 18 ans sachant qu'ils peuvent voir bien pire et en toute légalité sur Internet, ça c'est la polémique du moment. Au-delà de cela il y a l'éternel problème de la nature de l'art: est-ce que l'art doit être du « beau », et à ce moment-là il n'y a rien de plus subjectif , où bien est-ce que l'adjectif artistique que l'on attribue à quelque chose qui alors devient une oeuvre doit-il découler d'une réflexion plus profonde sur les motivations et la démarche de celui qui est ainsi un artiste? Ne comptez pas sur moi pour répondre à cette question qui à mon avis doit avoir autant de réponses qu'il y a de regards sur les oeuvres. Bref la question semble insoluble, et c'est bien là un des intérêts de l'art: faire réfléchir et pas seulement sur les oeuvres elles-mêmes mais aussi sur notre propre regard, et finalement sur notre être profond. Néanmoins je peux toujours donner mon avis: personnellement je ne trouve rien de beau dans les photos de Larry Clark que j'ai pu voir, et s'il ne s'agit que de montrer le désoeuvrement et la dérive d'une jeunesse, il n'y a qu'à regarder «Secret Story» et autres émissions abrutissantes de TF1. Ou le journal télévisé et certains de ses faits divers. Je ne suis pas une spécialiste en photographie mais je suppose que les clichés de Clark ont au moins quelque chose de particulier dans leur composition pour qu'on les affuble du nom d'oeuvres d'art. Quand je regarde une photo, un tableau, j'aime bien y trouver quelque chose de beau ou d'inattendu que l'artiste aura su dénicher dans un sujet qui a priori ne le laissait pas soupçonner, j'aime bien être surprise, et de préférence agréablement. Ou bien j'aime pouvoir y retrouver ce que l'artiste a voulu montrer. Par contre je suis totalement désemparée lorsque je me retrouve devant ce type de cliché qui ne me semble montrer rien d'autre qu'une réalité banale et triste. Ce n'est pas ce que j'attend de l'art. Mais tout cela suscite une émotion, quelle qu'elle soit, c'est déjà un des finalités de l'art, non?
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