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Je me suis sentie tout de même un peu comme un chien dans un jeu de quille parce que je ne suis pas écrivain, tout simplement, et qu’écrire pour les autres ça n’a rien à voir avec écrire ses propres histoires. Je me dis que je ne fais pas partie du même univers qu’eux, que je n’en ferai sans doute jamais partie mais que de toute façon ce n’est pas mon but. Pouvoir échanger à propos de l’écriture ou d’autre chose, rencontrer des gens qui ne font pas partie de mon quotidien, voilà qui m’intéresse. Rencontrer des auteurs vivants me fait une drôle d’impression moi qui ne lit généralement que des auteurs morts depuis au moins deux siècles…Retour sur cette journée hors du commun. 9h30 - J'arrive sur les lieux où déjà les auteurs commencent à s'installer. On m'accueille très gentiment mais la perspective de prendre un nouveau café alors que le mien est encore en transit ne m'emballe guère, je rejoins donc le stand qui m'a été réservé. J'ai besoin de pouvoir brancher mon ordinateur portable (que j'étrenne pour l'occasion) ainsi qu'une imprimante, au cas où: il faut donc une multi-prise et il me semble que mon mari en a mise une dans la grande caisse de matériel dans le coffre de la voiture, un des organisateurs m'accompagne donc jusqu'à la voiture pour récupérer la prise et il est tellement content qu'il la prend et me laisse porter seule mon énorme caisse bien lourde...décidément, la galanterie n'est plus ce qu'elle était! Bon pour sa défense je me dis qu'ils doivent tous être un peu tendus et affairés à s'occuper des différents participants. 10h00 - J'ai fini de décorer mon petit coin de stand, on m'a déplacée en bout de table contre la toile du chapiteau pour que je puisse accrocher les documents que j'avais préparés pour mon « exposition » (un bien grand mot) ainsi que pour l'atelier d'écriture; ils sont même allés me chercher une petite table pour mettre papiers et stylos à la disposition des éventuels visiteurs tentés par une petite séance d'écriture. 10h30 - Mon voisin de table arrive et je suis ravie de mettre enfin un visage sur le nom de celui qui laisse parfois des commentaires sur le blog, s'inquiète du rétablissement de mon chien et qui habite en fait tout près de chez moi bien que nous ne voyions pas nos maisons. 11h00 - Les auteurs, qui ont l'habitude de se retrouver lors de ce genre de manifestations, se visitent les uns les autres et bavardent en attendant les visiteurs. Deux écrivains sont déjà venus me voir et ont pris des cartes de visite, l’air très intéressé, j’ai aussi discuté avec un autre écrivain public juste en face de moi, bref tout ceci me semble très constructif pour une première! Je me nourri de toutes les expériences que je peux et je trouve celle-ci très enrichissante. Jusqu'à midi pas mal de visiteurs commencent à arriver, malgré la grisaille. Il y a même des candidats pour l'atelier d'écriture: des enfants avec leur mère ont laissé quelques mots sur une des photos que j'ai proposées comme déclencheur de l'écriture. 13h15 - De retour après le repas au restaurant du village, offert par l’association, nous nous sommes presque fait virer par le second service d'écrivains affamés qui arrivait: il faut dire que 4O écrivains à faire déjeuner en deux heures ça chauffe en cuisine! Tout intellectuels qu'ils sont il faut bien se rendre à l'évidence: les nourritures spirituelles c'est bien mais les nourritures terrestres à l'heure du repas c'est quand même mieux. 15h00 - C’est incroyable j’ai réussi à donner trois ( 3!) cartes de visite!!! Les gens s’arrêtent un peu à tous les stands sans forcément s’intéresser aux livres, ils viennent aussi discuter avec les auteurs et je crois même que certains viennent parler d’eux-mêmes plus que des livres qu’ils ont envie de lire. C’est très curieux comme démarche, ils semblent venir chercher chez ceux qui ont su écrire des expériences parfois similaires aux leurs les mots qu'eux-mêmes n'ont pas su trouver. 16h30 - J’ai les mâchoires crispées et les zygomatiques hyper-tendus à force de sourire et de discuter avec tous les gens de connaissance qui sont venus bavarder un brin. On est venu me sollicier pour une autre journée du livre dans un village voisin. C’est la gloire.
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![]() Il a été paraît-il la star du dernier salon du livre de Paris, je veux parler du livre électronique. En fait de livre, et si j'ai bien tout compris, il s'agit plutôt d'une bibliothèque virtuelle, un petit objet bourré de nouvelles technologies qui permet de « ranger » des tas de livres virtuels eux-aussi. Mis à part pour emporter des tonnes de bouquins en prévision de vacances longues et extrêmement ennuyeuses, je ne vois pas trop l'intérêt de la chose. Je trouve ça tellement fade et impersonnel, froid, sans âme. En plus je trouve très désagréable le fait de lire sur un écran, demandez-donc aux gens qui travaillent en permanence sur leur ordinateur si c'est plaisant. Non, vraiment pour moi rien ne vaut un bon vieux bouquin, avec une couverture, des pages que l'on peut feuilleter en toute liberté avant de se décider à l'acheter chez le libraire ou bien le laisser, quitte à y revenir à un autre moment. Et puis il y a les bouquinistes...Ha, les bouquinistes, j'adore. J'adore aller farfouiller dans les bacs l'esprit totalement ouvert, sans aucune idée préconçue, sans être guidée par un rangement quelconque, plonger les yeux puis les mains parmi ces œuvres tellement disparates, aux couvertures hétéroclites et dont les titres et les auteurs sont souvent connus mais parfois plus mystérieux, voire énigmatiques... Après la vue et le toucher vient l'odeur: celle des vieux livres de poches qui me replongent immédiatement dans mon enfance. Ce n'est pas dans la maison familiale que je me retrouve alors mais dans le grand placard un peu fourre-tout de l'école où j'ai passé mes toutes premières années de classe. Dans ce placard parmi les jeux et les cahiers il y avait aussi quelques vieux livres hérités sans doute des maîtres qui avaient précédé notre institutrice, ils avaient cette odeur si caractéristique de papier et d'encre anciens qui semble indélébile. C'est un peu ma madeleine à moi en quelque sorte, et j'ai du mal à ne pas renifler ces vieux exemplaires quand il m'en tombe un sous la main.
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![]() Parfois ça fait du bien un peu de vanité. Oui j'avoue je me la pète un peu: je viens de voir mon nom en dédicace sur un livre dont j'ai corrigé le manuscrit. Ah ce que ça fait bizarre de voir son petit nom, à soi, avec tout ce qu'il trimballe d'ancêtres derrière lui, en page intérieure d'un ouvrage, juste après les dédicaces à la famille et aux êtres chers. Ah oui ça fait vraiment une drôle d'impression, d'autant plus que ce livre on n'y a participé que de très loin finalement, et qu'en plus on n'adhère pas forcément aux propos énoncés par l'auteur. Mais mon auteur à moi est très honnête et il m'a demandé la permission de citer mon nom, et j'aurais sans doute refusé s'il s'était agit d'être associé à une œuvre dont j'aurais désapprouvé le fond. D'ailleurs je pense que j'aurais refusé le travail dès le départ, par honnêteté intellectuelle. Si si ça existe encore. Alors oui c'est vrai ça fait du bien de temps en temps de voir son petit égo regonflé, ça donne du baume au cœur, ça vous conforte dans l'idée de poursuivre dans la voie qu'on s'est choisie. Aussi loin que je me rappelle, ayant toujours aimé les livres et l'écriture, je me faisais souvent la promesse de publier un jour un ouvrage, fut-il un livre de cuisine, car je n'ai jamais rêvé (du moins pas au-delà de l'adolescence) de devenir une romancière célèbre: au fil du temps ma seule ambition se bornait à voir mon nom sur un ouvrage, pas plus. Devenue adulte ce rêve s'est doucement évanoui, sans aucun regret ni frustration, il s'en est allé sur la pointe des pieds comme une vague connaissance qu'on perd de vue petit à petit, insensiblement, et sans qu'on s'en aperçoive, puis un jour on se dit simplement « Tiens, il n'est plus là ». Alors c'est vrai qu'aujourd'hui, voir mon nom dans une publication ça me fait plaisir et ça me permet de renouer d'une certaine façon avec ce petit rêve évanoui, je ne vais pas bouder mon plaisir. Mais ce qui me procure surtout de la fierté c'est de savoir que mon client était très satisfait de mes services et de voir qu'il m'exprime ainsi sa profonde gratitude: la fierté d'avoir bien accompli son travail, pour moi c'est là l'essentiel.
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![]() Qui l'eut cru? En démarrant mon activité d'écrivain public je pensais pouvoir d'abord dépanner quelques connaissances dans l'embarras face à des tracasseries administratives, mettre fin à des conflits opposant des proches à une orthographe et une grammaire française parfois bien récalcitrante et perfide. De fait c'est ce qui est arrivé puisque mes premiers travaux étaient destinés à des proches et tenaient plus du troc (une yaourtière contre deux courriers) voire de bénévolat que de la prestation de service contre espèce sonnante et trébuchante. Puis vinrent des clients, des vrais: ceux qui paient! Ah quel bonheur de pouvoir se dire qu'on a des commandes (une c'est déjà formidable!), de noter fébrilement le nom DU client dans son agenda professionnel: rendez-vous compte, quelqu'un qui ne vous connaît pas et que vous ne connaissez pas, qui sur la simple bonne foi d'une publicité, d'une petite annonce ou d'une visite au hasard de votre site internet, va vous confier des écrits parfois très personnels en vue de leur correction...et surtout qui va vous payer! Là on se dit que véritablement on est entré dans le monde des affaires. Si si.
Mais le top du top c'est quand même quand on acquiert le statut d'entreprise internationale. Oui madame. C'est quand même formidable les nouvelles technologies: un clients de l'autre bout du monde (ou presque, l'Angleterre c'est pas très loin mais culturellement, c'est presque Mars) vous envoie une centaine de pages en un seul clic, une fois corrigées vous les lui renvoyez par le même moyen, le paiement se passe tout aussi facilement par un simple tranfert...Moi ça m'épate.
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![]() Mon département du Lot a été choisi avec la Seine-et-Marne et l'Ain pour tester une initiative menée par les conseils généraux, les bibliothèques départementales de prêts et les CAF de ces trois départements, sous l'égide du Ministère de la Culture et de la Communication: il s'agit de distribuer aux jeunes parents d'enfants nés en 2009 des livres afin d'initier les bébés à la lecture. Je suis donc allée chercher mon livre il y a quelque jours à la bibliothèque du canton mais personnellement je ne le trouve pas très attirant, les illustrations mêlent photos d'animaux et personnages en papier mâché ou en pâte à sel avec des dessins très enfantins; évidemment mon sens de l'esthétique est quelque peu différent de celui d'un bébé de quelques mois. Honnêtement je trouve que c'est sans doute pas mal d'argent dépensé pour pas grand chose car si c'est un livre très bien réalisé du point de vue technique avec sa couverture cartonnée et sa reliure brochée, le contenu ne me semble pas vraiment à la hauteur de la forme: le petit fascicule qui accompagne le livre incite les parents à lire des histoires aux enfants qui dès le plus jeune âge sont sensibles à la voix et aux mots, ils comprennent plus qu'on ne l'imagine, mais alors je m'interroge sur le choix des mots qui me semblent tellement « cul-cul ». Pourquoi ne pas avoir choisi une jolie histoire avec des mots et des sonorités propres à éveiller l'oreille des petits plutôt que cette suite de mini-dialogues dénués de sens au vocabulaire si pauvre? On va me rétorquer que ce qui ne fait pas sens pour moi en a peut-être un pour un enfant...mouais, je suis sceptique. Enfin quoi, soit un bébé ne comprend pas le sens et alors ça ne sert à rien d'essayer d'en mettre, autant lui lire le bottin, soit il comprend et à ce moment-là racontons quelque chose qui ait du sens pour lui comme pour le lecteur. Je déteste cette façon infantile de traiter les enfants: puisqu'il est vrai que les enfants sont sensibles à l'esthétique il serait logique de les initier alors à ce qui est beau d'un point de vue assez consensuel et intemporel: un tableau de maître, une belle photographie, que sais-je? De même pour les mots, afin de les éveiller à leur langue maternelle lisons-leur du Proust ou du Victor Hugo plutôt que des historiettes sans queues ni têtes. Idem pour la musique: de jolies mélodies des Beatles ou des Pink Floyd feront aussi bien l'affaire que des comptines désuètes. Ce n'est pas faire de l'élitisme, c'est simplement initier à la beauté et à l'art, et pour ça il n'y a pas d'âge pour commencer.
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