L'ÉCRITOIRE SÉGALINE

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Samedi 4 Janvier 2014 Écrire pour les internautes, écrire pour les robots

Le métier d'écrivain public consiste, si l'on simplifie, à écrire pur les autres. Le métier de rédacteur web consiste quant à lui à écrire pour les internautes mais aussi pour les moteurs de recherche, d'où la difficulté de l'exercice car comme on s'en doute les uns et les autres ne cherchent pas nécessairement la même chose, et en tout cas pas de la même façon.
Alors pour en savoir un petit peu plus, je vous invite à lire cet article sur mon site dédié à mon activité de rédactrice web.

 


 

 
Samedi 16 Février 2013 Alain Rey, L'Amour du français

Qu’il est bon de se replonger dans de saines lectures après une période de disette intellectuelle. Faute de temps et aussi d’envie, voilà un petit moment que je n’avais rien lu d’intéressant, ou même ne serait-ce que divertissant, ce qui est déjà pas mal. Mon dernier livre entamé avait été Maudit karma, d’un auteur allemand, qui ne m’avait pas vraiment fait rire (publicité mensongère) et n’avait pas je crois changé grand chose non plus à mon karma. Le propos était léger et se voulait pourtant profond : l’aventure d’une animatrice TV décédée réincarnée en fourmi puis en d’autres animaux tout aussi éloignés de sa vie d’avant et qui par ses différentes étapes parvenait à saisir la beauté de la vie, faisant amende honorable et devenant meilleure une fois ressuscitée. Personnellement j’en suis restée au stade de la fourmi car je dois dire que je me suis copieusement ennuyée dans les quelques pages que j’ai lues. J’aurais du me méfier puisque le livre était présenté comme un best-seller un peu partout, et d’habitude ce genre d’argument est rédhibitoire pour moi, mais j’avais envie de légèreté et de littérature étrangère, alors… bon la prochaine fois j’essayerai Shakespeare, ce sera moins risqué.

Ce roman trône à peine entamé sur ma table de chevet mais il a été très avantageusement remplacé par un essai du linguiste Alain Rey : L’Amour du français, sous-titré joliment « contre les puristes et les censeurs de la langue ». Inutile de vous dire le grand écart qu’il faut faire pour passer de Maudit karma à un essai de linguistique, mais rien de tel qu’un peu de gymnastique cérébrale. Tout au long de cet essai, goulûment avalé, et à travers l’histoire de notre langue, Alain Rey se plaît à décrire l’enrichissement permanent du français, et de toutes les langues en général, et comment cette langue n’a cessé de se construire par les apports des autres langues, choses que l’on savait déjà mais que l’auteur a cru bon de rappeler à l’heure de la mondialisation et où la plus petite évocation d’une réforme de l’orthographe donne de l’urticaire à bon nombre de têtes pensantes. Ce long voyage à travers le français nous dresse le portrait d’une langue aux mille facettes, noble et populaire à la fois, conservatrice et moderne mais dans le fond ouverte et souple, au contraire de l’image figée dans laquelle certains spécialistes voudraient l’enfermer. Alain Rey explore pour cela les textes engendrés par les différents pouvoirs de toutes les époques mais aussi les vecteurs plus officieux tels les médias ou les littérateurs de tous poils. Morceaux choisis :

 

« Entre la Pouvoir, qui se sert du langage pour satisfaire ses appétits, entraîner les humains, les tromper peut-être, les séduire et les entraîner toujours, et la Poésie, qui sert le langage, le nourrit, l’enrichit et lui donne force, les amoureux du français ne sauraient hésiter. Confier la langue aux « poètes » est hasardeux, la confier aux politiques désastreux : cela consiste à s’évader dans l’imaginaire de la volonté d’ordre. […] Les débats sur l’école, en France, où une minorité cherche à préserver la Poésie (on dit, par pudeur, « littérature »), se trompent parfois d’adversaire. Le danger [est] la paresse, le dégoût d’apprendre, la croyance collective soit en l’argent, soit dans quelque religion mortifère, l’appétit pour la distraction sotte et le rire gras. Si le pouvoir laisse les médias, d’essence publicitaire, construire la personnalité enfantine, l’école ne peut plus être que thérapeutique. Ce serait à un « ministère de la santé mentale » de s’en occuper. »

 

« Jacques Duclos ou Colette, elle qui tambourinait ses r comme ses compatriotes bourguignons et écrivait comme une déesse, n’étaient pas montrés du doigt, alors qu’aujourd’hui, politiciens et vedettes du spectacle (c’était le cas pour Colette) se doivent d’éviter une prononciation pourtant encore usuelle en milieu rural bourguignon ou en Occitanie, mais peu appréciée socialement, ce qui, lorsqu’on y songe, est d’une totale extravagance. Un rouleau compresseur des accents, des syntaxes et des vocabulaires régionaux a fait du français officiel, médiatique, politique, un idiome fade, au rythme monotone, pauvre en vibrations, rythmiquement sec – sauf en Occitanie, où les muettes que sont devenues les voyelles écrites e se remettent à parler, et peut-être à chanter. […] Depuis Malherbe on s’échine à aplanir le français : le succès de cette opération au nom de la clarté et de l’élégance a dépassé les espérances. Mais il semble que le pendule reparte dans l’autre sens : les résistances se manifestent, les accents « locaux » n’ont plus honte, les mots régionaux reprennent vie, des formes chantantes de français survivent hors de France, la greffe créole ranime le français des Caraïbes et de l’océan indien, le Québec chante avec Vigneault et le français de la radio, de la télé, de la politique et de la publicité finira peut-être par souffrir de sa triste uniformité, à laquelle il remédie par les hurlements et les modulations burlesques de la publicité et des animateurs de la bassesse. »

 

« Les règles de formation des mots nouveaux, internes à la langue, fonctionnent plus ou moins bien. […] en français, c’est la catastrophe. Faites un mot nouveau avec des éléments connus, assemblés en bon ordre, et on sera, autour de vous, étonnés ou indignés (à ce propos la pression sociale me déconseille d’écrire « étonnage » ou « étonnerie » ; non plus que de parler d’un grand « indignement », puisque la place est prise par un adverbe, ni d’ « indignesse » ou d’ « indignitude »). Cette langue, décidément, est (dans son lexique) pauvre, engoncée, réticente, constipée. Et pourtant, elle est, comme toute langue, munie d’un lexique gigantesque, insoupçonné, dont nous n’utilisons que des miettes dérisoires. »

 

 

Et de conclure :

« L’amour des Antillais pour le français passe par celui de leurs créoles, celui des Québécois par le combat jaloux contre la fascination, et de la langue anglaise, et du modèle européen du français. Pas d’amour sans rencontre, d’amour et de haine sans contacts, sans mélange […] »


 


 

 
Dimanche 25 Novembre 2012 Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson

Après une longue période de disette littéraire, j’ai enfin pu me remettre un peu à la lecture. Et je viens d’achever en quelques jours Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire. Voilà un roman dont le le titre est à l’image du contenu : long, énigmatique et simple à la fois, plein de promesses. Ce roman suédois raconte les péripéties d’un personnage improbable qui à l’orée de ces 100 ans décide de se faire la belle de sa maison de retraite. S’ensuit toute une rocambolesque virée à travers la Suède, ponctuée de rencontres avec des personnages losers mais finalement sympathiques : une bande de bras cassés trafiquants de drogue, un ancien voyou, un chauffeur de taxi à bac + 30 et même un éléphant. Au fur et à mesure de ces quelques semaines d’évasion au propre comme au figuré, des retours en arrière nous font revivre l’existence de ce centenaire pas comme les autres qui a côtoyé Franco, Stalline, Mao ou Truman entre autres personnages historiques. Le tout par le plus grand des hasards à chaque fois bien sûr. Une sorte de Forest Gump en moins naïf et en plus corrosif. Un road movie scandinave drôle, décalé, on ne s’ennuie jamais, on regrette d’en arriver à la dernière page et on en oublie même les invraisemblances et les passages un peu attendus.  


 


 

 
Dimanche 1 Avril 2012 L'Écritoire ségaline à la Journée du livre de Teyssieu

L'Écritoire ségaline à la Journée du livre de TeyssieuLe 8 avril prochain, la 5e édition de la Journée du Livre se déroulera à Teyssieu. Un grand nombre d'écrivains seront au rendez-vous pour présenter leurs ouvrages, ainsi que des associations locales qui travaillent à la promotion du patrimoine culturel et historique local. Comme écriture et lecture sont intimement liées, L'Écritoire ségaline a tout à fait sa place et c'est donc avec grand plaisir que je viendrai présenter mon activité et les différentes prestations que je propose. J'en profiterai pour essayer, comme à chaque fois dans ce type de manifestation, d'amener le public, des lecteurs venus faire provision de bonnes feuilles, à prendre la plume afin de devenir eux aussi écrivain l'espace d'une phrase, d'un paragraphe ou plus si affinité!

 


 

 
Lundi 19 Mars 2012 Dictionnaire ouvert jusqu'à 22 heures, lettre A

Parce que ce Dictionnaire ouvert jusqu'à 22 heures de l'Académie Alphonse Allais est une mine inépuisable de bonne humeur, voici un nouveau petit extrait qui vous réjouira j'espère avant d'entamer une nouvelle semaine qu'au demeurant je vous souhaite excellente.

accident: (n.m) Conséquence d'une erreur de conduite de l'autre pilote.

activiste: (n.m) Mec plus qu'ultra.

alexandrin: (n.m) Égyptien monstrueux à douze pieds.

amant: (n.m) Mari suppléant.

amie: (n.f) Personne de sexe féminin qui possède ce petit "truc" en plus qui fait disparaître instantanément toute envie de coucher avec elle. - Généralement qualifiée d'excellente quand elle est franchement moche ou quand l'homme qui en parle n'est jamais parvenu à ses fins.

aphorisme: (n.m) Texte court qui, en quelques mots, permet au lecteur de s'apercevoir qu'il est largement aussi intelligent que l'auteur.

auto-stoppeur: (n.m) Individu saprophyte qui roule au doigt et à l'oeil.

autruche: (n.f) Animal politiquement engagé.

avortement: (n.m) Mauvaise surprise partie.


 


 

 
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